La vie artificielle a été définie
par
Langton en 1989 comme étant
"l’étude
de systèmes construits par l’homme qui présentent des
comportements caractéristiques des systèmes vivants".
Ainsi la définition de la vie artificielle est étroitement
dépendante de celle de la vie. Tenter de définir la vie
conduit à s'appercevoir que, paradoxalement, le biologiste ignore
ce qu'est la vie: il ne connaît que des
vivants, dont la
vie est le caractère commun (tous sont vivants) et le caractère
propre (ils sont les seuls vivants). Mais quels sont ces comportements
caractérisant les systèmes vivants?
~
VIE NATURELLE : -
Définition
suivant la Biologie
-
Définition
suivant la Physique
-
Définition par Maturana
et Varela
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VIE ARTIFICIELLE : -
Vie Artifivielle vs Intelligence
Artificielle
-
Les critères
de la vie artificielle.
-
Les domaines de la vie
artificielle.
-
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VIE NATURELLE:
Définition suivant la Biologie:
Les caractères fonctionnels
définissant le vivant sont peu nombreux:
-
Autoreproduction.
-
Assimilation: le vivant s'empare de substances extérieures
et les transforme en ses propres constituants.
-
Réactivité: le vivant perçoit différents
signaux de son environnement et il y réagit.
-
Homéostasie.
Il est cependant clair que l'ensemble de ces propriétés
ne sont pas apparues en même temps et qu'elles ont mis un temps
considérable à se mettre en place. Les premiers systèmes
"vivants" étaient probablement simplement capable de se reproduire.
C'est vraisemblablement dans un second temps qu'ils ont acquis des fonctions
(métaboliques) plus complexes. Ainsi, on peut dire qu'un système
vivant minimum requiert la présence d'une macromolécule, telle
que l'ADN, porteuse d'information capable de diriger sa propre synthèse.
Ces critères sont-ils nécessaires et suffisants ou bien, comme
nous venons de l'avancer à propos de l'autoreproduction, un seul
suffit-il pour pouvoir parler de matière vivante?
Le plus petit niveau de complexité compatible avec l'ensemble
des caractères du vivant est celui de la
bactérie,

mais cependant, les
virus, qui ne peuvent
ni assimiler, ni grandir, ni se reproduire par eux même, sont cités
au rang des êtres vivants. Un autre exemple est celui des cristaux:
un cristal en phase de

croissance paraît vivant, il grandit et est capable de choisir
des éléments de sa nature afin de ne pas créer
d’impuretés. Pourtant ce n’est qu’un minéral et n’est
pas considéré comme vivant. A l’inverse, une mule est
bien vivante, mais incapable d'avoir une descendance. Un virus informatique
peut se multiplier en contaminant des programmes comme son équivalent
biologique infecte une cellule, mais mérite-t-il pour autant le
qualificatif d’organisme ? Ces quelques exemples illustrent bien
les difficultés que rencontrent toutes tentatives de proposition
de critères définissant le vivant.
Définition suivant la Physique:
La prise en compte des lois
de la
thermodynamique nous donne une autre définition,
assez intéressante car ne faisant aucun préjugé
sur la structure et les comportements que doit avoir cette vie. En se
basant sur ces lois, on peut dire que la vie est la capacité à
maintenir et à reproduire une structure complexe en dépit
de conditions thermodynamiques défavorables. Cela signifie que
les êtres vivants existent et se reproduisent alors que les conditions
environnementales tendent à dégrader leur structure. Par
exemple, la degradation des molécules organique est productrice
d'énergie, leur construction en consomme. Laissées à
elle même, ces molécules se décomposeraient irrémédiablement.
La vie peut donc être vue ici comme la
capacité qu'ont
les molécules et les atomes de s'assembler en structures organisées
autoreproductibles.
Définition
par Maturana et Varela:
Les définitions de
la vie sont nombreuses et varient en fonction du référentiel.
Si
Langton parle de caractéristiques
des systèmes vivants naturels, c’est sans doute qu’il définit
la vie comme un ensemble de propriétés. Or il est impossible
de faire une liste de toutes les propriétés du vivant, de
façon stricte. Le point de vue thermodynamique évite l'écueil
de l'énonciation de caractéristiques finies, mais reste peut
être trop global, alors que
Maturana et
Varela proposent dès 1979, une autre voie
de définition.
"Il s’agit de concevoir un
être vivant comme une organisation autopoïétique.
Cela caractérise le fait qu’un être vivant est un réseau
de transformations dynamiques, fabricant ses propres composants (métabolisme)
et qui construit une barrière topologique (membrane) qui, à
son tour, est la condition nécessaire du fonctionnement en tant
qu’unité du réseau de transformations qui l’a engendrée.
Ce qui signifie que les êtres vivants sont continuellement en train
de s’auto-produire.
Les êtres vivants sont donc caractérisés par
leur organisation autopoïétique. Ils diffèrent les
uns des autres par leur structure, mais ils sont identiques par leur
organisation. L’intention de Maturana et Varela, pour définir le
vivant, se veut scientifique : «
Si nous ne pouvons fournir la
liste des caractéristiques d’un être vivant, pourquoi ne
pas proposer un système qui génère tous les phénomènes
propres aux vivants ? ». Le fait qu’une entité autopoïétique
ait bien toutes ces caractéristiques apparaît comme une évidence
à la lumière de ce que l’on sait sur l’interdépendance
entre le métabolisme et la structure cellulaire.
Bien sûr, le fait de posséder une organisation n’est
pas le propre des êtres vivants seuls, mais se retrouve chez tout
ce qui peut être analysé comme un système. Ce qui
caractérise cependant les êtres vivants, c’est que leur
organisation est telle que leur seul produit est eux-mêmes, et l’absence
de séparation entre le producteur et le produit. L’être et
le faire d’une unité autopoïétique sont inséparables,
et c’est là leur mode particulier d’organisation.
Ainsi donc, si nous pouvons définir la vie autrement que
par une liste de caractéristiques (Liste que nous ne pouvons
pas formellement établir) ; nous ne pouvons pas définir
la vie artificielle à la manière de Langton. Nous ne pouvons
pas dire que la vie artificielle est constituée des systèmes
qui présentent des comportements caractéristiques des systèmes
vivants naturels, mais construit par l’homme. Quelle alternative pouvons
nous proposer ? Il serait tout à fait intéressant et logique
de calquer la définition autopoïétique de la vie sur
la vie artificielle. "
VIE ARTIFICIELLE:
Vie Artificielle vs Intelligence Artificielle:
Pour préciser le domaine
de la vie artificielle, distingons la de l'intelligence artificielle
(IA): l'IA prend la
cognition humaine comme référence
et s’intéresse à la conception de machines pouvant simuler
la cognition humaine. La vie artificielle quand à elle tend à
se rapprocher des
fonctionnements biologiques et traite plus de
comportements "réflexes" que de raisonnements logiques ou d’actes
cognitifs. Son domaine d’étude est plus vaste, elle explore les
caractéristiques du vivant en général. La Vie Artificielle
exploite les concepts issus des courants cognitiviste et connexionniste
qui partagent les sciences cognitives. Elle propose donc des solutions
qui s’appuient tantôt sur l’approche symbolique, tantôt sur
l’approche auto-organisationnelle, ou construit ses modèles à
partir d’une combinaison des deux méthodologies. On peut dès
lors distinguer deux types de travaux issus de la VA. D’une part, les simulations
qui utilisent exclusivement l’ordinateur. Il est admis, dans ce cas, que
tout système est modélisable par ordinateur. C’est-à-dire
qu’un système formel est susceptible de représenter de manière
satisfaisante un système physique. D’autre part, les réalisations,
où le caractère concret et matériel du système
est primordial. On considère, ici, que la dimension physique d’un
système est irréductible à une représentation
symbolique.
Les critères de la vie artificielle:
A partir de quand parle-t-on
de vie artificielle ?
Voici les
propriétés minimales que nous retrouvons
dans tout système de vie artificielle :
1) L’être humain a contribué au processus d’apparition
de tout système de vie artificielle ;
2) Un système de vie artificielle est autonome ;
3) Un système de vie artificielle est en interaction avec
son environnement ;
4) Il y a émergence de comportements dans un système
de vie artificielle ;
Ces 3 propriétés ne sont pas indispensables
mais reste néanmoins très présentes :
5) Un système de vie artificielle peut se reproduire lui-même
;
6) Un système de vie artificielle possède une capacité
d’adaptation ;
7) Un système de vie artificielle n’est pas une unité.
A l'opposé de la vie, un système de vie artificielle peut
être réparti en plusieurs endroits : exemple, un robot et
un ordinateur peuvent effectuer des calculs reliés par ondes. Même
à l'intérieur d'un ordinateur, rien ne garantie que les
octets de ce système sont tous regroupés.
Les domaines de la vie artificielle:
On peut aussi présenter
la vie artificielle comme un ensemble de domaines que Claus Emmeche a
classées en deux groupes principaux : les versions triviales et
non triviales de formes de vie artificielle. Pour chacun de ces groupes,
nous pouvons y trouver la vie artificielle faible (recherche d'imitation
de la vie) ou forte (recherche de création de vie).
VERSION TRIVIALE
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VERSION NON TRIVIALE
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Simulation et modèles
Simulations informatiques
fondées sur des modèles mathématiques, conceptuels
ou physiques des systèmes biologiques. Elle ne peut aboutir à
des formes réelles de vies
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Les systèmes
computationnels.
Ces réalisations sont
par définition strictement informatiques. Elles ont pour objectif
la création d’organismes virtuels considérés comme
vivants (du moins par leur auteur). C’est la voie forte la plus contestée
de la vie artificielle.
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Les organismes modifiés.
Il s’agit d’êtres vivants réels, modifiés
par l’homme au moyen de manipulations génétiques par exemple.
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Les
expériences relevant de la biochimie.
Cette dernière catégorie
inclut les synthèses de processus prébiotiques et d’organismes
primitifs grâce à des expérimentations physico-chimiques
in vitro.
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Cela regroupe les robots autonomes et évolutifs.
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Ces formes de vie artificielle diffèrent fortement les
unes des autres. En ces domaines les frontières sont mouvantes:
celle entre vie naturelle et artificielle ainsi que celle entre vie artificielle
et programme doté d'inteligence artificielle. Dans le cadre de ce
site nous présentons plus particulièrement l'approche non
triviale que sont les systèmes computationnels par l'intermédiaires
des
Systèmes Multi-Agents (SMA) et des
Automates Cellulaires, mais aussi les
Algorithmes génétiques qui entrent dans
le versan trivial de la vie artificielle.
Quant à savoir si
la VA est susceptible de créer de la vie, écoutons
Christopher Langton :
"[...] Il était 3 heures du matin. Tout
à coup, j’ai senti une présence dans la pièce. Mais
il n’y avait personne. J’ai réalisé qu’il s’était passé
quelque chose sur l’écran et que cette chose avait frappé
mon subconscient. J’avais réagi à quelque chose de vivant.
Bien sûr, l’ordinateur n’était pas physiquement vivant, mais
il était capable d’un certain comportement, auquel avait réagi
quelque chose de primitif en moi, comme s’il y avait de la vie."
[LANGTON
(Christopher). -
" Et si les informaticiens découvraient la vie ? ",
Courrier International (n° 360, 25 sept. - 1° oct.
1997)
(article original publié par Facts, Zurich)]